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Musique classique et opéra par Classissima

Gustav Mahler

mardi 23 mai 2017


Classiquenews.com - Articles

18 mai

Le National de Lille joue Gorki, Sibelius, et Poulenc avec Jean Rondeau

Classiquenews.com - Articles LILLE. National de Lille, Jean Rondeau les 18,19 mai 2017. Jean Rondeau, récente vedette parmi les jeunes claveciniste français interprète Poulenc (Concerto champêtre, dans l’esprit de Watteau) au Nouveau Siècle de Lille, formidable écrin pour le concert et l’opéra (comme récemment une nouvelle production des Pêcheurs de perles l’a démontré / sous la direction d’Alexandre Bloch le 10 mai dernier). Après sa Victoire de la musique classique – Révélation Instrumentale – reçue justement à Lille en 2015, Jean Rondeau revient deux ans plus tard au Nouveau Siècle, ce soir et demain, 18 et 19 mai, avec l’Orchestre national de Lille sous la direction du chef polonais Michal Nesterowicz. GORECKI, POULENC, SIBELIUS. Au programme d’abord d’Henryk Mikołaj Górecki (1933-2010), Trois pièces dans le style ancien. Nous sommes en 1963. Henryk Górecki est un jeune compositeur, à la recherche de son style. A l’instar de son compatriote Krzystof Penderecki, Górecki est séduit par les expérimentations d’Europe de l’Ouest. La découverte du folklore polonais transparaît ici dans l’utilisation d’une vieille chanson de mariage du 16ème siècle utilisée dans la troisième pièce. Ecrites pour orchestre à cordes, les Trois pièces dans le style ancien posent les bases d’un minimalisme dont Arvo Pärt se fera le héraut dans la décennie à venir. Puis surtout, clou du concert, de Francis Poulenc (1899-1963) : le néo classique / néo baroque Concert champêtre. La rencontre en 1923 avec Wanda Landowska permet au jeune Francis Poulenc de redécouvrir la musique ancienne, et c’est à l’instigation de la musicienne,- pionnière dans la redecouverte du Clavecin, qu’il décide d’écrire une oeuvre pour clavecin et orchestre. Le mot “Concert champêtre” recouvre deux significations possibles. D’une part, il s’agit d’un hommage concret à Landowska puisque Poulenc, citadin impertinent, venait lui rendre visite dans sa propriété de Saint-Leu-La-Forêt à 35 kilomètres de Paris . D’autre part, Poulenc escomptait tracer, en musique, un “parc à la francaise”, à la manière d’un tableau galant de Watteau. Poulenc renoue avec l’esprit d’un pastiche de Händel ou Scarlatti, mais avec une sensibilité toute moderne. On y relève des harmonies inattendues, des clins d’oeil ironiques, parfois de grandes mélodies populaires, qui, plus que dans un bois champêtre, donnent l’impression qu’on se trouve sur un grand boulevard parisien ! “J’ai vraiment mis dans mon Concert champêtre tout mon sang, le meilleur : si on ne l’aime pas, on ne peut pas m’aimer ! ” disait le compositeur . sur les traces du peintre. Très Watteau, Poulenc ressuscite l’art de la nostalgie en teintes raffinées particulièrement chaudes et vaporeuses qui son style plus pointilliste que vraiment brumeux et atmosphérique renouvelle d’une manière très personnelle. Enfin l’orchestre national de Lille “ose” de Jean Sibelius (1865-1957), lrrepressible sensualité panthéiste de la Symphonie n°1 en mi mineur op.39. C’est le dernier portrait de l’artiste en jeune homme : en 1899, Sibelius a 34 ans. Il est déjà célèbre dans son pays, la Finlande, encore sous le joug de la Russie. L’enjeu de cette première symphonie est double : écrire une oeuvre sans programme littéraire ni descriptif et s’affronter à une forme qui pourrait lui apporter la célébrité à l’étranger. Le critique anglais Enrest Newman écrira ainsi en 1905 : “Je n’ai jamais entendu une oeuvre qui m’ait transporté aussi loin de l’Europe de l’Ouest. Chaque page de [cette Symphonie n°1] respire une autre manière de penser, une autre manière de vivre, voire même un autre paysage que le nôtre”. De fait avec Richard Strauss et Gustav. MAHLER, sibelius est bien le plus grand symphoniste de la première moitié du XX ème, celui dont l’écriture interroge le plan et la finalité du matériau formel. LILLE Auditorium du Nouveau Siècle Jeudi 18 et Vendredi 19 mai 2017 à 20h Tarifs de 5 à 10€ Billetterie et renseignements : 03 20 12 82 40 www.onlille.com AU PROGRAMME : GÓRECKI : Trois Pièces dans le style ancien POULENC: Concert champêtre, pour clavecin SIBELIUS: Symphonie n°1 Direction: Michal Nesterowicz Clavecin: Jean Rondeau PROGRAMME EN TOURNÉE : LYON Auditorium Maurice Ravel Samedi 20 MAI 18h Dans le cadre des formations invitées par l’Orchestre National de Lyon Informations et réservations au 04 78 95 95 95 – www.auditorium-lyon.com

Carnets sur sol

15 mai

Au fil d'Avril – parcours de concerts

Comme je n'ai toujours pas fini mes découpages et commentaires sur la musique d'Alcione (que je n'aime pas particulièrement, mais qui est fascinante à bien des égards), quelques notes rapidement mises en forme sur les concerts vus en avril et au début de mai. Le mois d'avril a mal débuté : Charpentier, Mendelssohn, Bruckner, Brahms, Mahler, Schönberg, du très grand public dans des interprétations diversement édifiantes. À la fin du mois, c'est l'inverse, beaucoup de choses complètement étonnantes, du baroque portugais jusqu'au contemporain grec. (Le bilan des concerts de mars se trouve là .) ♣ Quelques raretés (en concert) : Salle paroissiale de l'église parisienne Saint-Thomas d'Aquin, ancienne chapelle. ♣♣ Concert d'inauguration du CD d'airs de cour de Lambert & Le Camus avec Il Festino (et l'inapprochable Dagmar Š€ašková !) : on dispose d'un nombre ridicule de disques décents dans ce répertoire, et en plus le programme parcourt toute la gamme des formations, des restes d'airs polyphoniques madrigalesques au milieu du XVIIe siècle jusqu'à la pure monodie. Ici, l'interprétation est superlative à tous les niveaux, dans la lignée des deux précédents volumes chez Musica Ficta (en particulier l'air de cour italien sous Louis XIII). Tous leurs programmes sont de toute façon à voir absolument, on n'a jamais fait mieux. Putto du déambulatoire de Saint-Germain l'Auxerrois. ♣♣ Baroque portugais des XVIIe et XVIIIe siècles : Teixeira, Seixas, Almeida… Cantates en italien dans le style vivaldien, mais aussi des pièces sacrées polyphoniques en portugais, arrangées pour soprano et parties instrumentales (l'une d'elles fondée sur le thème de La Follia) , et même un extrait de messe de Seixas en latin prononciation lusophone ! Par l'ensemble explorateur La Calisto, à l'engagement communicatif : un précieux témoignage très rare. Avant le concert à l'Hôtel des Menus-Plaisirs de Versailles. ♣♣ En guise de récital de fin d'études comme chantre du CMBV, Clémence Carry a réuni quelques compères pour un récital franco-écossais de la plus vive originalité. ♣♣♣♣ Airs de cour du début du baroque (dont certains lestes, comme « Jean cette nuit [...] doit m'assaillir » de Pierre Ballard), compositions écossaises du milieu du XVIIIe siècle (William Thomson, James Oswald), traditionnels français (« Quand je menais les chevaux boire », « La blanche biche », « J'ai vu le loup », « Rossignolet du bois »), traditionnels écossais (« The Restoration », « The Haughs of Cromdale »). Le tout avec un instrumentarium typé début XVIIe : flûtes, deux violons, musette, vielle à roue, harpe, viole de gambe, harpe, théorbe, percussion et chanteuse. ♣♣♣♣ Je n'ai pas été très impressionné par la voix (manifestement émue, elle a un peu cherché ses marques), mais le programme était remarquablement jubilatoire, et servi par des musiciens d'un notable métier. Jean cette nuit, comme m'a dit ma mère, Doit m'assaillir : mais je ne le crains guère, Si ma mère n'en est pas morte, Je n'en mourray pas aussi. Je ne suis pas de ces jeunes badines, Qui font venir à l'ayde leurs voisines, Si ma mère n'en est pas morte, Je n'en mourray pas aussi. J'ayme bien mieux imitant les fines, Demander ayde aux voisins qu'aux voisines, Si ma mère n'en est pas morte, Je n'en mourray pas aussi. Quelque vigueur qu'il ayt dans la bataille ! Je ne fuirois pour quatre sa taille, Si ma mère n'en est pas morte, Je n'en mourray pas aussi. Je pense bien qu'il me mettra par terre : Mais quoy qu'il soit sur moi dans cette guerre Si ma mère n'en est pas morte, Je n'en mourray pas aussi. (Oui, quand même.) Et The Haughs of Cromdale , où MacKenzie, McKy, McDonald, McIntosh, McDougal, McLauchlin, McNeil, McGregor et même McPherson … pas un ne manque : The Grant, MacKenzie, and McKy, Soon as Montrose the did espy, O then, they fought most valiantly ! Upon the haughs of Cromdale. The McDonalds they returned again, The Camerons did they standard join, McIntosh played a bloody game Upon the haughs of Cromdale. McGregors fought like lions bold, McPhersons, none could the controul, McLauchlins fought, like loyal souls, Upon the haughs of Cromdale. McLeans, McDougals, and McNeils, So boldly as the took the field, And made their enemis to yield Upon the haughs of Cromdale. The Gordons boldly did advance, The Frasers fought with sword and lance The Grahams they made the heads to dance Upon the haughs of Cromdale. [...] Of twenty thousand, Cromwells men, Five hundred fled to Aberdeen, The rest of tem lie on the plain, Upon the haughs of Cromdale. ♣♣ Au CNSM, extraits de La Maison dans les dunes de Dupont par l'excellent Adriano Spampanato, et des Ophelia-Lieder de R. Strauss avec Iryna Kyshliaruk (un beau format dramatique en devenir – au contraire empesée dans les autres récitals où elle tient des rôles légers), un peu d'orgue de Duruflé aussi… On n'entend pas ça tous les jours – le cycle de Dupont est une collection de moments absolument merveilleux, on devrait jouer ça aussi souvent que les sonates de Beethoven… (Ou bien Koechlin , ou bien Hahn , ou bien Mariotte …) ♣♣ Encore au CNSM, classe de direction de chant (accompagnateurs-préparateurs-conseillers, si l'on veut) d'Erika Guiomar. Centrée autour des lieder d'Eisler (aussi bien ses œuvres décadentes que semi-atonales, le cabaret fin-de-siècle que le sprechgesang plaisant au radical), à laquelle les pianistes participent quelquefois (jouant et déclamant-chantant à la fois !), la soirée se termine avec quelques gourmandises plus grivoises (Hervé, Christiné, Guilbert, Moretti…). Et des extraits d'une réduction pour quatre mains des Biches de Poulenc, la cerise confite sur la forêt noire. ♣♣♣♣ De belles découvertes : outre la musicalité remarquable de mes déjà-chouchous Nicolas Chevereau et Pierre Thibout, je découvrais Li Qiaochu, qui se distingue à la fois par une sûreté virtuose (là où le poste réclame d'abord une forme de souplesse) mais aussi une fluidité, une qualité de palpitation dans la musique qui mêle tous les avantages du solistes au nécessités du chef de chant. Miam. ♣♣♣♣ Côté voix, j'entendais quelques nouvelles glottes piochées parmi les classes de Licence. Cyrielle Ndjikinya peut prétendre à une belle carrière de dramatique, avec un volume impressionnant, mais aussi une luminosité bien préservée des aigus. Si la voix évolue adroitement et si elle prend les bons engagements, une future grande dans les répertoires larges. Apprécié aussi la mezzo Lise Nougier, une voix qui n'a intrinsèquement rien de spectaculaire, mais d'une belle étoffe, et adroitement utilisée : une chanteuse de goût, à suivre. ♣♣♣♣ La soirée étant également un hommage à la feue Claude Lavoix, plusieurs gloires participaient à la soirée. Hélène Delavault n'a jamais très bien chanté, et il ne lui reste vraiment plus rien (hululement immédiat dès qu'on excède le double piano), sauf le sens de la scène et l'abattage extraordinaire – j'ai toujours détesté sa voix, même dans ses grandes années, mais j'ai été comme tout le monde assez fasciné par son naturel et sa façon de s'emparer de l'auditoire. Edwige Bourdy a dû étudier avec Mady Mesplé ou l'une de ses semblables : la focalisation du timbre est de même nature, et d'une fraîcheur immaculée, le tout permettant à la fois projection et diction aisées. J'entendais aussi Lionel Peintre et Robert Expert pour la première fois en salle. Grosse déception pour le premier, qui explique sa carrière hors des grandes salles : à quelques mètres, on n'entend vraiment rien (ce qui ne transparaît pas du tout dans les captations), malgré le timbre et la qualité du français. Pour le second, c'est au contraire la révélation, un sens du texte, une qualité de diction et un timbre préservé, rares pour les falsettistes. Me faire aimer de la mélodie par un contre-ténor (association intrinsèquement problématique) n'est pas un modeste fait d'armes à mettre à son crédit. Enfin, Franck Lunion, que je n'avais entendu qu'à ses débuts, Arcas dans Thésée de LULLY avec l'Académie d'Ambronay dirigée par Christie, en 2000 (avec les jeunes Aurélia Legay, Stéphanie d'Oustrac et Christian Immler, notamment) – je l'y avais trouvé remarquable, mais ne l'ai jamais vu reparaître depuis. Dans ce Goethe-Lizt (Über allen Gipfeln), quelle belle voix équilibrée et éloquente, toute au service du texte et de la musique… ♥ Quelques retrouvailles avec des chouchous déjà vantés sur CSS : Carle Van Loo dans le décor de la chambre à coucher du prince de Soubise. ♥♥ Cantate pastorale de Montéclair, Léandre et Héro de Clérambault (sensiblement le même sujet qu'Alcione qui se jouait au même moment) – l'une des cantates les plus célèbres de Clérambault, avec une tempête impressionnante, très convaincante pour un genre en petit effectif ! Eva Zaïcik et le Taylor Consort y font des merveilles : se combinent la rondeur exceptionnelle de Zaïcik dans un français généreux (elle est au Jardin des Voix de Christie pour cette saison, j'espère qu'elle y glanera le supplément d'appuis expressif qui sépare l'excellence, où elle se trouve déjà, de la fulgurance ultime qui lui est promise), et les réalisations très intéressantes de Justin Taylor – conception très mélodique de l'accompagnement, beaucoup de contrechants qui s'émancipent vraiment de la seule logique prévisible de ce qui est écrit. Grand moment à l'Hôtel de Soubise, sous les décors peints par Boucher et Van Loo. ♥♥ Vingt ans que j'adore le Trio de Tchaïkovski et attends l'occasion de le voir en vrai. Comme ça passe tout le temps en concert, j'ai laissé passé nombre d'occasions, et je voulais surtout le faire avec les bonnes personnes – même si l'intensité de sa musique le rend difficile à saboter. Avec le Trio Zadig, l'élan et la ferveur s'ajoutent à l'intensité de ce qui est écrit. J'attendais beaucoup de ces chouchous découverts à l'occasion de l'ECMA (Académie de Musique de Chambre Européenne) au CNSM, et ce n'était pas sans raison : une générosité et un emportement de tous les instants… Je ne vois pas beaucoup de solistes internationaux qui jouent mieux que ces crincrins-là (Boris Borgolotto et Marc Girard-Garcia) ! Jamais vu un violoniste oser jouer à ce point sur le chevalet, ce qui explique peut-être en partie la puissance du son. Je suis un peu moins convaincu, encore une fois, par le jeu d'Ian Barber, mais sa conception très harmonique de la partie de piano (plutôt une toile de fond qu'un moteur, peu tourné vers la mélodie) se mêle très bien au jeu extrêmement expansif de ses deux compères – il faut dire aussi que le piano mis à disposition n'était pas fabuleux, et qu'un pianiste est aussi tributaire de cela. Version de référence absolue, au niveau des deux ou trois que j'ai le plus aimées dans les dizaines de versions écoutées à ce jour… Encore un coup de maître pour les Zadig, et un enchantement formidable. (Ils jouaient aussi un remarquable Deuxième Trio de Chostakovitch.) ♠ Quelques grands classiques. ♠♠ Les Leçons de Ténèbres pour basse de Charpentier (Oratoire du Louvre), par celui qui les a sans doute les plus chantées : Stephan MacLeod, avec Les Ambassadeurs d'Alexis Kossenko. J'avoue m'être pas mal cassé les pieds. ♠♠♠♠ Le concert commençait déjà par une longue partie instrumentale dédiée à Couperin (Sonates en trio), bien jouée d'ailleurs (tantôt flûtes, tantôt violon, avec des effets de doublures, très beau son…), mais la musique de chambre baroque reste d'essence largement décorative, et j'avoue y trouver assez peu mon compte. ♠♠♠♠ On arrive donc à ce qui était supposé être le cœur du programme après une longue première partie suivie d'un entracte substantiel… Par ailleurs, j'aime assez les Leçons de Charpentier au disque, même celles pour basse, mais la monotonie de leur construction (chaque stance étant sur le même patron que la précédente, simple déclamation du texte, contrairement à à peu près toutes les autres Leçons du répertoire, Charpentier inclus) rend difficilement digeste l'enfilade immédiate de trois Leçons conçues pour être chantées trois jours différents. ♠♠♠♠ J'avais plus ou moins prévu cela, et préparé la parade, partition en main sur une liseuse non rétro-éclairée (le summum de l'élégance pour ne déranger ses voisins ni par le bruit du papier, ni par la lumière)… mais sans pour autant reproduire la scénographie de l'office des Ténèbres, toute la salle fut plongée dans le soir pour la seconde partie. Et ce fut long. À cela s'ajoute que si la voix de MacLeod est sns conteste superbe, il semble assez limité dans la variété des dynamiques et des couleurs, toujours tassé dans le même angle, et pas démesurément sensible au texte – si bien que de ce côté non plus, il ne fallait pas attendre de Salut. ♠♠ L'entrée au répertoire de Bastille (je suppose pour un moment) du ballet de Balanchine autour du Midsummer Night's Dream de Mendelssohn, qui mêle à la musique de scène complète (dans le désordre) plusieurs ouvertures belles et rares (Athalie, qui dispose de sa propre musique de scène ; La belle Mélusine ; Retour depuis l'étranger) ainsi que les deux premiers mouvements de la Neuvième Symphonie pour cordes, notamment son andante sans violoncelles ni contrebasses, moment suspendu extraordinaire – idéalement adapté à un pas de deux. Visuellement, Balanchine en tire assez bien parti, même si les contraintes de la danse (et la chaleur très relative des danseurs parisiens, en dehors du rôle facétieux et exaltant de Puck) ne peuvent rendre compte de la finesse d'un tel texte, évidemment – le DVD de la série scaligère avec Roberto Bolle y montre des incarnations autrement ardentes (la majesté de cet Obéron !). L'acte I contient toute l'action, et l'acte II seulement un grand divertissement à la cour de Thésée, mais c'est une convention dont on s'accommode très bien quand la musique est aussi belle. Car le concept de deux heures complètes de Mendelssohn pas toujours fréquent se révèle, sans surprise une véritable félicité… surtout sous la direction de Simon Hewett (le final le plus solidement bâti de la Troisième de Mahler que j'aie pu entendre en salle, P. Järvi inclus), qui évite aux musiciens de l'Opéra de trop s'économiser. ♠♠ Le Deutsches Requiem de Brahms par l'Orchestre de Paris, son Chœur et Thomas Hengelbrock. La collaboration entre le chef et l'orchestre m'avait laissé mitigé (considérant le potentiel de la rencontre avec un interprète de cette trempe) pour du Bach (vraiment régulier et un peu empesé, alors que la Messe en si des débuts de Hengelbrock reste à ce jour l'une des plus belles versions discographiques de l'œuvre) et du Mendelssohn (un brin fade). Ici au contraire, le savoir-faire d'un grand chef s'entend en action, sur le vif, dans l'urgence : ces attaques très précises qui enflent jusqu'à être secondées par une nouvelle entrée, cette tension permanente, cette ferveur jubilatoire, c'est le meilleur de toutes les traditions à la fois que j'ai entendu… dans une lecture pas particulièrement contemplative, sans paraître du tout heurtée ni excessive. ♠♠♠♠ Le Chœur de l'Orchestre de Paris s'est une fois de plus couvert de gloire (cette fois tout particulièrement les dames) pour la beauté (sans rivale…) de ses timbres et la finesse de sa sensibilité musicale. Après avoir entendu ceux qui défilent à Paris (Monteverdi Choir, Collegium Vocale, Berlin Rundkfunchor, RIAS Kammerchor…), je crois pouvoir dire qu'il s'agit d'un des tout meilleurs chœurs du monde, et dans des répertoires très différents (quel rapport entre les exigences de la 4e d'Ives, du Requiem de Verdi ou des Motets de Bruckner ?). J'ai donc scruté (et trouvé) un moment où l'on entendait qu'en effet, ce sont des amateurs qui chantent : au début de « Denn alles Fleisch », lorsque tout les pupitres sont dans le graves, le son est un peu plus affaissé, un peu moins timbré que ne le ferait un chœur pro, je crois. Pour le reste, justesse, rigueur solfégique, endurance, résistance des timbres aux tessitures imposées, rien ne filtre – si ce n'est le timbre d'ensemble, plus beau qu'aucun autre. ♠♠ 10 Lieder de Des Knaben Wunderhorn de Mahler et la Quatrième Symphonie de Bruckner par le Philharmonique de Radio-France et Eliahu Inbal. Impatiemment attendue : première audition de la Quatrième en salle, pour moi, et par Inbal qui m'a à chaque fois, au disque, à la radio (quel Crépuscule inapprochable avec la RAI de Turin !), en salle (Bruckner 2 et 9) coupé le souffle et ébahi d'admiration. Pour Bruckner, plus encore que sa célèbre intégrale assez « objective » de la Radio de Francfort , ce sont ses récents enregistrements avec le Metropolitan de Tokyo qui font autorité : dans une veine qui n'est pas en rupture avec la tradition, difficile d'espérer plus de vivacité et d'intensité, en même temps qu'un sens sans équivoque de l'architecture. ♠♠♠♠ Sans surprise, difficile d'entendre Ekaterina Gubanova et Dietrich Henschel dans l'immensité de la Philharmonie, même de face. On perçoit le timbre, le détail de la musique plus vaguement, et pour ce qui est du texte, hahahaha. En revanche, la beauté de la voix de Henschel est extraordinaire… je ne l'avais pas entendu en salle depuis 15 ans exactement, et rien n'a bougé, tout est aussi beau qu'avant, voire davantage – j'avais lu des papiers, pourtant, dans le milieu des années 2000, qui signalaient combien il allait à la dérive et perdait tout contrôle sur son instrument. Dans du lied avec piano, ce n'est pas spectaculairement expressif au disque, mais en vrai, j'accourrais ! C'est dit. ♠♠♠♠ J'attendais peut-être un peu trop de la Quatrième de Bruckner, qui fut superbe, mais pas tout à fait éverestique comme escompté : Inbal faisait étrangement jouer les trombones grassement (ceux de l'OPRF ne sont pourtant pas de tempérament bruyant, avec leurs timbres soyeux…), et plus fort que le reste de l'orchestre, dans des parties qui ne sont pas les plus raffinées de la symphonie, et déjà très exposées en elles-mêmes. Peut-être l'œuvre aussi, qui sonne très bien au disque par sa simplicité, mais m'a paru présenter moins d'arrière-plans que ses sœurs. Et pour le final, que je trouve rébartatif une fois sur deux (enthousiasmant la dernière fois, avec Inbal et Tokyo Met…), hé bien c'était la mauvaise fois ce soir-là. Néanmoins, magnifique exécution, grand moment. Mais avec cette attente trompée. ♠♠ Symphonie de Chambre n°2 de Schönberg , Octuor de Mendelssohn, Sinfonietta de Poulenc par l'Orchestre des Jeunes d'Île-de-France (OJIF). Un peu dubitatif sur cet orchestre d'à peine un an à visée professionnalisante. Je n'en ai lu que des éloges, et son principe attire nécessairement la sympathie (orchestre conçu pour promouvoir les étudiants en fin de parcours, encadrés par des professionnels confirmés à la tête de chaque pupitre). Néanmoins, à l'écoute, je n'avais pas été complètement bouleversé par leur versant baroque (en conditions climatiques défavorables à l'écoute, certes), et je retrouve ici la même forme de tiédeur – ou plutôt, on peut supposer, le manque d'occasions pour se réunir tous dans des lieux adéquats et pouvoir travailler régulièrement comme dans les orchestres constitués. Ce mode de fonctionnement est tout à fait possible avec des musiciens d'orchestre chevronnés, qui connaissent par cœur les codes, mais pour de jeunes musiciens, il y a sans doute là un peu plus de flottement. Plus étrange encore, le choix de cet octuor de Mendelssohn qui exposait surtout les défauts de chacun : le violon solo, issu de l'Orchestre de Paris, doit être un excellent tuttiste, très flexible, tout à fait engagé, mais le son est peu puissant et manque de focalisation dans les attaques, par rapport à ce qu'on entend d'ordinaire dans la musique de chambre – ce qui est normal, on attend de l'orchestre un fondu et du solo une netteté, ce ne sont pas les mêmes qualités requises. Plus gênant encore, au moins un violoniste (voire deux) dévissait régulièrement niveau justesse, ce qui n'est tout simplement pas possible dans une exécution professionnelle de musique de chambre, où l'ensemble est immédiatement altéré. D'une manière générale, cela exaltait plutôt les limites des musiciens, même ayant un beau potentiel. Bien sûr, ils débutent, et je me souviens d'avoir assisté aux premiers concerts des Dissonances de David Grimal, à qui tout le monde tresse désormais des couronnes, et qui m'avaient paru un honnête ensemble à géométrie variable, sorte de cacheton de haut niveau. Avec le temps, la structure s'affermira, je suppose. Mais tout cela pose beaucoup de questions, quand j'entends si régulièrement en répétition ou en concert de jeunes gens inconnus qui jouent à la perfection, et même mieux que les très grands qui font accourir les foules, les œuvres les plus difficiles du répertoire… comment le recrutement et le travail se déroulent-ils à l'OJIF ? Il est vrai que le programme (là aussi étrange) n'était pas très jubilatoire, hors du Mendelssohn, mais il manquait cette pointe d'abandon et d'entrain qui fait le plaisir du concert… Ce n'est pas encore un ensemble que je recommanderais d'aller voir à tout prix (sans parler de la logistique, les portes ouvertes d'une église en hiver, ou l'absence d'espace pour attendre l'ouverture de la salle cette fois-ci…). À suivre. ♦ Côté théâtre, les pièces que je voulais voir ont été prolongées pour l'été, donc vu peu de choses ♦♦ Ismène de Yánnis Rítsos avec la musique originale de Georges Aperghis. J'admire la musique d'Aperghis depuis toujours, même lorsque j'étais encore dubitatif sur les principes sur la musique contemporaine : fasciné par exemple par Machinations, où rien qu'en bidouillant quatre fois féminines, le compositeur parvient à la fois à produire du drame (sans intrigue) et de la musique, de façon très directe et accessible. Tout ce que les prêtres de la musique concrète et les zélateurs de l'acousmatique ont raté ou réservé à une niche, Aperghis le rend immédiatement opérant, pour tous. Il est assez régulièrement programme à Paris, mais assez rarement seul – belle occasion, d'autant que le parcours de Yánnis Rítsos, passé par tous les camps de redressement et d'internement qu'ont pu compter les régimes de Grèce, dissimulant ses écrits dans des bouteilles enfouies sous la terre, fait attendre quelqu'un qui a eu le temps et le recul pour ne pas produire une resucée des mêmes mythes pillés par tous les dramaturges de la Terre. J'avais conscience du risque d'être désarçonné, mais ce fut tout de même une grande déception : au sommet de la caricature du théâtre contemporain branchouille. Pas irritant du tout, parce que cette représentation respirait l'authenticité, et l'on sent bien que personne n'y prend la pose ni ne cherche à choquer le bourgeois comme alibi, et que sa réalisation était de grande qualité (Marianne Pousseur, peut-être la chanteuse qui a le plus interprété Pierro Lunaire, y est d'une santé et d'une variété vocales stupéfiantes). Mais, alors même que tous me paraissent sincère, je peine à m'enthousiasmer pour ce que j'y ai vu. ♦♦♦♦ La pièce donne la parole à Ismène, qu'on n'entend pas beaucoup dans les tragédies face à Antigone, et en fait une voix de la véritable féminité face à la masculinité politique d'Antigone, à son absolu trop violent. Cela se tient bien, mais se déroule à travers le ressassement de paroles pas très profondes sur ce qui doit ou ne pas être, autour d'anecdotes insipides sur la jeunesse d'Ismène… rien ne se passe, ni dans la démonstration, ni dans le récit, ni dans l'action sur scène. Et l'écart au mythe est très réduit, tout en se faisant dans une langue particulièrement banale et plate. C'est un peu de la relecture psychologisante façon Christa Wolf, le sens de la situation en moins. ♦♦♦♦ Aperghis non plus ne s'est pas mis en frais : des phrases chantées (qui ont tantôt été traduites du grec, tantôt non) au milieu des phrases parlées, très simples, a cappella, quelques jeux de superposition vocale avec la bande pré-enregistrée, et c'est tout. Joliet, mais au minimum frustrant quand on se déplaçait pour la plus-value d'un architecte sonore. ♦♦♦♦ Et scéniquement, tout entre parfaitement dans la caricature du théâtre contemporain : Marianne Pousseur, nue sous ses gros colliers, y patauge dans une petite épaisseur d'eau, sous des luminaires rouges qui laissent tomber l'un après l'autre des portions de savon liquide dans le bassin. Le son est intégralement amplifié, même pour le chant (tout à fait bien projeté). Tout est plongé dans une semi-obscurité, et le parterre n'était apparemment pas réservable. Là aussi, la mise en scène ( Tout mis bout à bout, entre un texte peu ambitieux, en tout cas prévisible et plutôt désordonné, une mise en scène (d'Enrico Bagnoli et Marianne Pousseur, avec collaboration de Guy Cassiers) qui cherche l'inconfort et le dérisoire, une musique chiche… je me casse un peu les pieds. C'est rare, mais ça arrive. Même avec une réalisation scénique dont on ne peut nier la qualité. ♦♦ La dernière du Petit-Maître corrigé de Marivaux, pièce peu donnée, commandée par la Comédie-Française qui la rejoue aujourd'hui (Marivaux faisait alors une infidélité aux Italiens). ♦♦♦♦ Un enchantement, d'une structure très sophistiquée, pas du tout limitée aux caractères comme le titre le suggère, et une interprétation irradiante. Mise en scène très habile aussi (Hervieu-Léger), qui habite très adroitement les interstices : beaucoup de détails ajoutés sans jamais contredire le texte, de petits développements dans des recoins laissés libres par l'explicite des lignes à dire… Remarquable et réjouissant en tout point. ♦♦♦♦ Au vestiaire de la salle Richelieu : – Monsieur, nous n'acceptons plus les sacs au vestiaire. – Oh, puis-je vous demander par curiosité pourquoi ? – Il n'y a rien de particulier en ce moment, non ? On n'est pas en plein Vigipirate, peut-être ? L'indignation non feinte de la préposée au vestiaire, pleinement convaincue de l'importance de sa tâche (pour laquelle je n'ai pas le moindre mépris, mais je ne suis pas sûr qu'en l'occurrence elle soit au bénéfice de la société…), m'a empêché d'insister sur le très léger paradoxe qui consiste à emporter les objets dangereux dans les lieux les plus densément peuplés. La seule explication que je puisse y voir, c'est une volonté de la direction de vouloir ainsi se couvrir en cas de problème : le site indique que les sacs sont tous interdits (ce qui est évidemment impossible pour recevoir du public, aucun théâtre n'applique cette règle), et ils sont scrupuleusement vérifiés à l'entrée (et sans doute interdits au delà d'une certaine taille), mais si jamais par malheur un objet dangereux passait les contrôles, on pourrait toujours accuser la sécurité d'avoir laissé entrer un sac non autorisé, ou de ne pas l'avoir vu, puisqu'en théorie, le vestiaire ne les accepte pas. Au demeurant, ce n'est pas inconfortable, il y a assez de place sous les sièges pour pouvoir loger un sac à dos ou une mallette, mais je trouve cette hypocrisie assez déplaisante, dans la mesure où elle semble considérer que le risque est véritable, tout en demandant d'emporter plutôt les objets dangereux dans la salle ! Et puis ? Il y aura sans doute une notule à part pour les questions d'interprétation autour d'Alcione à Favart (plus qu'un avis général, dont il y a eu beaucoup, des détails qui me paraissent intéressants sur la façon de faire de la musique baroque, de la battue jusqu'au modèle économique…). Je n'ai pas encore parlé non plus du remarquable spectacle autour de la domesticité de la classe d'expression scénique des élèves chanteurs du CNSM – il a eu lieu les 27 et 28 avril, j'en parlerai donc avec le bilan de mai, bien que j'aie déjà évoqué plulsieurs spectacles de mai dans la présente rétrospective. Il y avait aussi… Parmi ce que je voulais voir et n'ai pu faire, un récital basson-piano au Petit-Palais, Snégourotchka de Rimski-Korsakov à Bastille, Tafelmusik de Telemann (certes, les Suites avec flûtes et hautbois, moins enthousiasmantes que celles avec trompettes) au Château d'Écouen… On ne peut être partout, d'autant qu'il y a les expositions diverses, les balades sylvestres extra-diurnes, un peu de vie sociale et assez de travail, sans parler de CSS qui m'enchaîne mécaniquement de solides heures par semaine. Et bien sûr, comme il n'y a pas que les concerts dans la vie : écouter des disques, lire des partitions et jouer de la musique. Ceci pour m'excuser si je ne peux pas voir tout ce que je conseille. 112 spectacles du 1er septembre au 15 mai me paraît déjà très acceptablement déraisonnable.




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12 mai

Compte rendu, festival. 21è Festival de Pâques de Deauville 2017. Les 15 et 16 avril 2017.

Compte rendu, festival. 21è Festival de Pâques de Deauville. Les 15 et 16 avril 2017. IMMERSION 2 jours durant au sein du XXIème FESTIVAL DE PAQUES DE DEAUVILLE. 3 concerts que nous avons suivi témoignent de la très haute technicité des jeunes talents qui tiennent l’affiche de Deauville en ce printemps 2017, comme de l’intelligence du Festival à savoir les marier… L’évocation de Deauville au début du printemps préjuge des promesses des villégiatures mondaines de l’Ouest Parisien et des courses et divertissements qui naguère ravirent les jeunes filles en fleur d’un Balbec voisin. Mais en 2017, si les embruns racés de cette Normandie balnéaire perdurent avec un chic inégalé, il est une manifestation qui ne cesse de surprendre sachant faire fructifier un terreau de jeunes artistes aux talents prometteurs et passionnants. Samedi 15 avril 2017 Centre International de Deauville : LE REVE et LA SIRENE LE REVE ET LA SIRENE… Pour sa 21eme édition le Festival ouvre ses week-ends avec audace. Le programme fait la part belle au lyrisme avec la soprano Julie Fuchs et Le Balcon & Maxime Pascal. Le programme est centré sur les adaptations formidables d’Arthur Lavandier. Nous avons remarqué au disque son incandescente adaptation pour Le Balcon de la Symphonie Fantastique de Berlioz (LIRE notre compte rendu critique du cd Lavandière : réécrire la Fantastique de Berlioz, 2013) . Pendant ce concert, c’est une belle fresque de son langage qui perce à travers les musiques aussi diverses que Handel, Mahler, Debussy. Chaque incursion est une redécouverte. Arthur Lavandier, en parfait alchimiste sait doser les expressions : il met en avant l’originalité et les couleurs les plus vives de chaque compositeur. Multipliant les rencontres entre instrumentarium d’aujourd’hui et musiques d’hier, on tient à saluer son adaptation de l’air “Credete il mio dolore” (Morgana) de l’acte III de l’Alcina de Handel, un bijou qui nous pousse à souhaiter qu’un directeur d’opéra éclairé programme tout un opera ancien avec la vision splendide d’Arthur Lavandier. On a aussi l’occasion d’entendre une mélodie de sa plume, nous plongeant dans le monde interlope et ambigu des eaux siréniennes, magnifiquement interprété par Julie Fuchs au sommet de son art! Julie Fuchs nous cueille au cœur des émotions par un phrasé raffiné et un timbre richement ciselé. Du lamento simple mais déchirant de Morgana dans Alcina aux accords empreints de mystère de la complainte d’Arthur Lavandier, Julie Fuchs développe chaque air comme un livre aux images merveilleuses. La fabuleuse soprano aux nuances envoûtantes nous emmène dans des contrées diverses, des étoiles céruléennes d’une Nuit calme aux profondeurs des silences recueillis de Mahler. Dirigé avec l’énergie et la finesse de Maxime Pascal, les musiciens du Balcon posent chaque note et chaque accord avec le soin des orfèvres. En première partie, avec les œuvres vocales dans les mondes les plus divers ou encore mieux dans la Fantastique 4G qui pourrait aisément retrouver ainsi le chemin de l’hymne de la jeunesse en 2017! Le Balcon plus qu’un orchestre ou un ensemble, c’est un concept, un discours, un théorème… où la jeunesse démontre sans cesse la sincérité et la force de son talent. Nous suivrons encore et toujours la voie ouverte par de tels artistes, à l’instar de Berlioz en 1830, Maxime Pascal et Le Balcon sont les hérauts de l’avenir! ____________ Claude Debussy (1862-1918) Nuit d’étoiles pour soprano et orchestre Georg Friedrich Haendel (1685-1759) Alcina : Credete al mio dolor pour soprano et orchestre Rodgers & Hammerstein : Sound of Music Last rose of summer, air traditionnel irlandais pour soprano et orchestre Gustav Mahler (1860-1911) Ruckert lieder : Ich bin der welt abhanden gekommen pour soprano et orchestre Arthur Lavandier (1987-) Complainte pour la sirène pour soprano et orchestre (création) Poème de Charles Roudaut *** Hector Berlioz (1803-1869) Symphonie Fantastique opus 14 Épisode de la vie d’un artiste Libre adaptation pour orchestre de chambre d’Arthur Lavandier Julie Fuchs, soprano Le Balcon Harmonie de Lisieux-Pays d’Auge Maxime Pascal, direction Dimanche 16 avril 2017 Salle Elie de Brignac : Un portrait troublé PORTRAIT TROUBLÉ. Quand on évoque György Ligeti, l’esprit même de l’inventivité se manifeste. Le parti pris, pour ce deuxième concert du Festival de Pâques de Deauville d’offrir un portrait de la puissante plume du maître Hongrois, est une idée heureuse ; le concept s’annonçait réjouissant. De même l’introduction annoncée de Karol Beffa, récent biographe de Ligeti chez Fayard , présentait les meilleurs augures pour pénétrer dans l’intimité d’une musique aussi fascinante que complexe. Cependant, alors que l’on s’attendait à une introduction brève et concise pour donner place ensuite à la musique, Karol Beffa nous a fait un exposé aux ramifications techniques qui au lieu d’introduire … a perdu davantage les spectateurs. Au bout de 45 minutes d’un véritable cours magistral sur Ligeti place à la musique avec de tout jeunes interprètes. Le portrait fut exécuté avec un talent technique hors pair, les intentions étaient justes ; les articulations, sans accroc. Saluons la Maîtrise incroyable de Jonas Vitaud et de Guillaume Vincent au piano, notamment dans les pièces à quatre mains. Mais dans l’ensemble, on remarque que la technique l’emporte sur la sensibilité. Et c’est un syndrome récurrent chez les jeunes générations, trop tôt propulsées sur le devant des scènes. L’exécution est parfaite mais laisse de marbre. En glosant sur l’exposé de Karol Beffa qui nous révéla le rapport extrêmement important de la danse et de la musique de Ligeti, l’on ne retrouve fondamentalement que des tempi … taillés mathématiquement, au scalpel ni aucune véritable envolée dansante ni incursions dans le caractère ironisant et sarcastique qui caractérise Ligeti dès l’intitulé des pièces. Regrettons cette implication toute technique mais vu la jeunesse des interprètes, nous sommes confiants qu’ils seront très bientôt en mesure de nous enthousiasmer ; ils ont Le tisonnier d’une flamme qui ne fera que grandir. __________ CONCERT LIGETI… Présentation de Karol Beffa, compositeur et auteur de György Ligeti (Fayard 2016) György Ligeti (1923-2006) Trio pour cor, violon et piano (1982) Étude polyphonique pour piano à quatre mains (1950) Szonatina pour piano à quatre mains (1950) Études pour piano Cordes à vide (1985) Automne à Varsovie (1985) Der Zauberlerhling (1994) Vertige (1990) Six bagatelles pour quintette à vent (1953) Quatuor à cordes n° 1 Métamorphoses nocturnes (1968) Quintette Ouranos : Mathilde Calderini flûte Philibert Perrine hautbois Amaury Viduvier clarinette Nicolas Ramez cor Rafaël Angster basson Quatuor Hermès : Omer Bouchez, Elise Liu violon Lou Chang alto Anthony Kondo violoncelle David Petrlik violon Jonas Vitaud, Guillaume Vincent piano Dimanche 16 avril 2017 Salle Elie de Brignac : réunion des talents chambristes CHAMBRISME ARDENT… Le dernier concert du premier week-end du Festival de Pâques de Deauville est surprenant par la beauté de son programme. Tout d’emblée, nous assistons à la réunion de certains des meilleurs interprètes de leur génération. On est saisi encore et toujours par la perfection technique de leurs exécutions respectives. Cependant tout comme le concert précédent nous demeurons quelque peu perplexes par une sensibilité en filigrane qui convient tout à fait à Brahms par son écriture solide mais qui demeure insuffisante dans Fauré. Saluons toutefois le toucher délicat de Guillaume Bellom, un pianiste qui promet de belles incantations à l’avenir. Les belles nuances des alti de Lise Berthaud et de Marie Chilemme ont révélé une maîtrise de leur instrument certaine. C’est la magie spécifique à Deauville : réunir des jeunes tempéraments en ensembles pour rendre grâce à la musique. C’est un bel atout de ce festival. Néanmoins nous espérons que les talents qui aujourd’hui déploient la technique la plus chevronnée, seront ceux qui demain nous offriront les plus belles émotions au concert. __________ Gabriel Fauré (1845-1924) Quintette pour piano et cordes n° 2 opus 115 *** Johannes Brahms (1833-1897) Sextuor à cordes n° 2 opus 36 Pierre Fouchenneret, Guillaume Chilemme, violon Lise Berthaud, Marie Chilemme, alto François Salque, Victor Julien-Laferrière, violoncelle Guillaume Bellom, piano



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5 mai

Symphonie n°2 Résurrection de Gustav Mahler

Radio classique, mercredi 24 mai 2017, 20h30. Mahler : Symphonie n°2, en direct. Daniel Harding dirige « son » orchestre, l’Orchestre de Paris dans le sommet spirituel de Gustav Mahler, la Symphonie n°2, dite « Résurrection ». Créée en 1895, la seconde symphonie de Mahler, a nécessité six années pour être affinée et mise au propre. L’activité du compositeur est réduite à mesure que les responsabilités du musicien comme chef principal de l’Opéra de Leipzig lui demandent travail et concentration. Au terme d’une gestation difficile, la Deuxième est un pélerinage vécu par le croyant, au préalable soumis à des forces titanesques qui le dépassent totalement. L’expérience des souffrances, le périple des épreuves endurées l’amènent à un effondrement des forces vitales, ce qu’exprime le premier mouvement. Aucune issue n’est possible. Une solitude errante (hautbois), et même meurtrie. Mais l’homme se relève dans l’Andante qui fait suite : pause, regain de vitalité, et aussi, reprise du souffle vital. Le vrai combat n’est peut-être pas tant dans l’apparente représentation spectaculaire d’un vaste paysage à la démesure cosmique que bel et bien dans l’esprit du héros, en proie à mille pensées contradictoires, amères et suicidaires. C’est pourtant de la résolution d’un conflit personnel, du compositeur face à lui-même, que jaillit la révélation de la fin : la carrière vécue comme une tragédie suscite ses propres sources de régénération grâce à une ferveur quasi mystique qui se dévoile pleinement dans les paysages célestes du dernier mouvement. Ainsi la Symphonie Résurrection de Gustav Mahler est-elle construite comme une longue ascension, des ténèbres vers la lumière. Du doute à la révélation. Les grands chefs mahlériens évitent le ton du bavardage pour atteindre par le recul et la distanciation épique, un souffle grandiose et tragique, surtout une vérité incarnée qui fait de la 2è Symphonie Résurrection, une formidable machine intérieure et libératrice. La douleur rentrée et l’obscurité de l’Andante ; puis l’activité dansée et nerveuse du Scherzo, qui est ce moment de pause et de repli, celui d’une conscience retrouvée, doivent s’écarter de tout effet de pesanteur et de grandiloquence. Partout dans le formidable écoulement musical, les cordes fouillent les accents amers, relancent aussi les grimaces aigres que le héros ne parvient pas à écarter totalement. Pourtant la Symphonie Résurrection, porte en elle cette aspiration à la sérénité et aussi à la plénitude. C’est bien au final avec l’Ulricht – texte chanté, que s’épuisent toutes les souffrances vécues, assumées. La voix exprime et les épreuves passées et les attentes à l’oeuvre. Enfin, l’ultime et cinquième mouvement laisse s’épanouir en une déflagration cosmique la manifestation du ciel. Le croyant n’aura ni souffert ni vécu en vain : les paradis éthérés lui sont désormais ouverts. LIRE aussi notre critique du cd Symphonie n°2 de Gustav Mahler par Jean-Claude Casadesus et l’Orchestre national de Lille http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mahler-symphonie-n2-jean-claude-casadesus-orchestre-national-de-lille-novembre-2015-1-cd-evidence-classics/ _____________________ RADIO CLASSIQUE, Mercredi 24 mai 2017. EN DIRECT dès 20h30. Malher, Symphonie n°2 Choeur et orchestre de Paris Daniel Harding, direction, Chistiane Karg, soprano Wiebke Lehmkuhl, Mezzo-soprano,

Carnets sur sol

30 avril

Mai : белые ночы

Ce n'est pas pour rien que je posais la question le mois dernier … Pris dans la préparation d'autres notules plus substantielles, je me trouve au 30 avril sans même avoir fini de rédiger le bilan du mois écoulé… Je tâcherai de publier un programme / récapitulatif plus complet, devant le nombre de réactions qui me suggéraient vivement de ne pas abandonner. Mais pour l'heure, en urgence, voici quelques dates que je vous sélectionne pour mai. Je commence par le plus important, toute subjectivité bue. ► Début de la série des muthes arrangés par Ritsos à l'Athénée à partir du 3 mai. On débute très fort avec Ismène sur une musique original du maître de la musique monophonématique, Georges Aperghis ! Phèdre la semaine suivante, puis Ajax. (Autres musiques.) ► Saison faste des récitals de fin d'année du CNSM, où il y aura quantité de pépites à glaner : chefs de chant de la classe d'Erika Guiomar le 4, improvisation (Zygel) le 5, duo Perbost-Ambroselli dans Schubert-Wolf-Fauré-Debussy à Soubise le 6, ensembles vocaux le 9, classe de lied & mélodie de Jeff Cohen les 10 et 11 (programmes différents, toujours un grand moment de découverte de très haut vol – Camarinha et Dreisig y ont donné des récitals mémorables), le Trio Sōra dans le Trio de Chausson (où elles sont miraculeuses !) et celui de Ravel au Musée Henner le 11 (également à Villercerf le 27, avec le n°2 de Kagel en prime), classe d'accompagnement vocal d'Anne Le Bozec (autre temps fort) avec Wagner, Rheinberger, Brahms,Bizet, d'Indy, Duparc, Fauré, Massenet… le 19, salle Turenne aux Invalides et le 20 au CNSM. ► Ce qui plaît aux hommes, court opéra comique de Léo Delibes, est donné pour une seule date, le 17 mai, au Théâtre Trévise par les Frivolités Parisiennes – je peux garantir la qualité musicale, au niveau des plus grands (mais mieux qu'eux lorsqu'ils abordent ce répertoire). Vocalement et scéniquement, c'est en général excellentissime aussi – des artistes dont on n'entend pas parler beaucoup sur les grands circuits, mais qui sont souvent meilleurs, je dois dire… ► Mélodies très rares le 18 mai au Petit-Palais : Nadia Boulanger, Caplet, Saint-Saëns, Séverac, Chausson, Franck, Greif (et Debussy et Ravel, quand même) par le baryton Romain Dayez. En revanche, c'est à 12h30, il faut travailler au bon endroit et avoir une longue pause au bon moment… (Ces concerts du midi, très prisés, restent un mystère pour moi… c'est parce que c'est plus commode à organiser que le soir, ou il y a vraiment des gens qui peuvent y aller ? La seule fois où j'ai pu le faire, cela dit, c'était assez plein… et uniquement de retraités, évidemment.) ► Médée de Charpentier en version scénique par les spécialistes de Toronto, à l'Opéra Royal de Versailles, à partir du 19. ► Venue de l'Orchestre de la BBC du Pays de Galles avec James Ehnes en prime (probablement le meilleur violoniste actuel, techniquement, et le style n'est pas en reste…). Une formation qui ne vient jamais en Fance. Le 19 mai, dans la nouvelle Seine Musicale de l'Île Seguin, pour la Cinquième de Sibelius et le Premier Concerto de Chostakovitch, dirigée par Søndergård. Et aussi : ● Le 4, programme Debussy / Ravel / Satie / Schönberg / Cage au centre Pompidou, gratuit (sous réserve d'une entrée au musée, peut-être, à vérifier). ● Le 4, Maîtrise de Radio-France dans Schubert et Schumann. ● Le 4, programme le plus hétéroclite de l'année : Véronique Gens dans des extraits des Illuminations de Britten, un air d'Iphigénie en Tauride de Gluck, un arrangement de Vers la Flamme de Scriabine pour ensemble, la symphonie Casa del Diavolo de Boccherini, les variations Tallis de Vaughan Williams et Ramifications de Ligeti ! Que de très belles choses, au demeurant. ● Le 12, programme Cage-Beethoven au Louvre. ● Le 13, l'Octuor à cordes de Bruch (et Florence de Tchaïkovski) à la Maison de la Radio, par des membres de l'ONF. ● Le 13 à Soubise, les Épigraphes Antiques de Debussy pour quintette à vent et le Quatuor Américain (arrangé) de Dvořák. ● Le 13 au Châteaud d'Écouen, Tafelmusik de Telemann dans un cadre approprié. ● Le 14 au 38 Riv', viole de gambe : Abel, Demachu, Marais, Bach, Cage, Rossé ! ● Le 15 au Théâtre Grévin, airs de Moulinié, Eyck, Caccini et Dowland par Les Ambassadeurs. ● Le 16 aux Invalides, le Requiem de Saint-Saëns, Ouverture Patrie de Bizet, Schicksalslied et Triumphlied de Brahms par l'« Orchestre Symphonique de Paris ». Pas la meilleure musique de leurs auteurs, mais avec ses contraintes thématiques, les Invalides font vraiment de beaux programmes syncrétiques très originaux. ● Le 17 à Soubise le midi, Forqueray, Dornel, Duphly, Rameau, Couperin, par les élèves spécialistes du Conservatoire du VIIe arrondissement. Gratuit. ● Le 20, L'Ange Scellé de Chtchédrine et la Liturgie de saint Jean Chrysosthome de Rachmaninov, deux rares corpus liturgiques russes à la Seine Musicale par Accentus. (C'est un Chtchédrine assez fade, hélas, mais ce peut être intéressant en vrai. J'hésite, il y a Le Bozec au CNSM et Aladdin de Nielsen à la Philharmonie par le Capitole… sans parler du concert sur instruments anciens des Siècles avec du Lalo, du Saint-Saëns, du Dukas, ni du concert iranien aux Abbesses !). ● Le 27, Figure humaine de Poulenc et Sainte Cécile de Britten par le Chœur de Radio-France à la Maison de la Radio. Le chœur s'est enfin assoupli (beaucoup plus de registre mixte, d'allègements, depuis que Sofi Jeannin en a repris la direction), il faudra peut-être que je lui redonne l'occasion d'essayer de me convaincre dans ce répertoire – où je l'ai soigneusement fui depuis des années, après plusieurs expériences assez peu probantes mainte fois relatées dans ces pages. ● Le 30, grands motets de Lalande à la Chapelle Royale de Versailles (ses plus célèbres et pas forcément ses meilleurs). ● Le 30, Lura dans des ballades du Cap-Vert. ● Le 31, programme viennois au TCE par des solistes (issus du Philharmonique de Vienne ?) : Rückert-Lieder de Mahler, Métamorphoses de Strauss, Frühe-Lieder de Berg, Quintette de Mozart, lieder de Schubert. ● Le 31, encore Lalande à la Chapelle Royale, Dumestre avec Šašková, Negri, Auvity, Clayton et Morsch ! Voici une petite moisson pour l'instant ! Il y a d'autres bonnes choses dans les grandes salles, mais vous les avez forcément remarquées (on ne cause que de Fleur de neige ces temps-ci). Si vous aussi, vous souhaitez profiter de l'effet de souffle que produit immanquablement une mention dans la short-list de Carnets sur sol, vous pouvez m'envoyer vos virements bancaires en me contactant par la colonne de gauche. (Photocopies de cartes Visa et Mastercard acceptées.)

Gustav Mahler
(1860 – 1911)

Gustav Mahler (7 juillet 1860 - 18 mai 1911) est un compositeur, pianiste et chef d'orchestre autrichien. Plus célèbre en son temps comme chef d’orchestre , son nom reste attaché aujourd’hui à son œuvre de compositeur dont la dimension orchestrale et l'originalité musicale jettent un pont entre la fin du xixe siècle et la période moderne. Malher a écrit dix symphonies (la dernière étant complète au niveau de la réduction d’orchestre mais inachevée au niveau de l'orchestration), et plusieurs cycles de Lieder.



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