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Musique classique et opéra par Classissima

Gustav Mahler

vendredi 30 septembre 2016


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27 septembre

Poitiers, TAP, Théâtre Auditorium de Poitiers, saison 2016 – 2017

Classiquenews.com - Articles POITIERS, TAP. Saison 2016 – 2017 : c’est une saison résolument internationale qui s’ouvre à Poitiers, où les artistes de toutes nationalités écrivent une nouvelle page du vivre ensemble, défendant une conscience partagée, ouverte, généreuse, fraternelle. Car « le multiculturalisme est une richesse et une force », comme le précise dans son édito, Jérôme Lecardeur, directeur du TAP, Théâtre Auditorium de Poitiers. Pour sa programmation danse et musique classique, le TAP dans les faits cultive les métissages et l’esprit de la rencontre : d’emblée la danse fait ici une percée remarquable grâce aux thématiques défendues et aux personnalités chorégraphiques invitées, célébrées : Nijinsky, Anne Teresa De Keersmaeker (Rain), Jérôme Bel, William Forsythe et Merce Cunningham, ces deux derniers créateurs, étant joués par le Ballet de l’Opéra national de Paris dont les danseurs n’avaient jamais déposé leurs chaussons au TAP ! Une première particulièrement importante (les 10 et 11 janvier 2017). Les mélomanes retrouvent au cours de la saison le travail et l’exploration des répertoires menée par les orchestres et ensembles en résidence au TAP : Orchestre des Champs-Elysées, Orchestre Poitou-Charentes, Ars Nova instrumental, et cette année, une nouvelle invitée, Vanessa Wagner, pianiste curieuse qui aime elle aussi partager ses découvertes et ses expérimentations depuis son clavier défricheur… Parmi les autres invités dont les récitals et programmes sont des événements complémentaires : Jean Rondeau, claveciniste en vue (21 mars 2017 : programme, Concertos de JS Bach et fils), et l’excellente mezzo Isabelle Druet dont classiquenews a précédemment salué la justesse expressive dans Tancrède de Campra ou son dernier album discographique édité chez Klarthe (Alma Mahler, Zemlinsky…). Toujours en jaune, comme la parure de sa façade dominant la ville, le TAP affiche une éclatante énergie, claire et fluo, proposition à penser notre société et garder le cap vers l’excellence dans le partage. Anne peut qu’y souscrire. VISITEZ le site du TAP Théâtre Auditorium Poitiers / saison 2016 – 2017 Temps forts au TAP de Poitiers saison 2016 – 2017 9 programmes incontournables pour ne rien manquer de la très riche saison nouvelle au TAP Jeudi 13 octobre 2016, 20h30. L’Orchestre des Champs Elysées et Philippe Herreweghe jouent Brahms. Premier temps fort de cette saison, le sublime Requiem Allemand / Ein deutsche Requiem de Johannes Brahms, partition non liturgique mais témoignage d’estime du jeune Johann pour son aîné tant admiré et estimé, Robert Schumann… En allemand (et non en latin), Brahms détaille avec pudeur et profondeur plusieurs méditations sur la perte d’un être cher, le deuil obligé, la mort, le renoncement au monde et à l’amour. La traditionnelle métamorphose grâce à la musique se réalise en teintes mordorées et scintillante d’autant plus vibratiles grâce au format et au caractère spécifiques des instruments anciens : de l’angoisse et de la douleur à l’espérance finale, où se précise la promesse d’une vie sereine et éternelle. Philippe Herreweghe retrouve la puissance d’une partition de l’intime, sertie et constellée de joyaux d’une rare pudeur : Brahms rend un hommage personnel à son « maître » tant aimé ; il lui offre une prière faite de pleine conscience et de gravité maîtrisée. Le chef fondateur de l’Orchestre des Champs Elysées en résidence au TAP, prolonge ainsi son précédent enregistrement d’Un Requiem Allemand / Ein Deutsches Requiem de Brahms, gravé en 1996. Les fiançailles magiques fêtent en 2016, leurs 25 ans : lire plus loin la journée spéciale « Cocktail », festival d’un jour autour et par l’Orchestre des Champs-Elysées, le jeudi 9 mars 2017-; 20 ans plus tard, le geste devrait éblouir par une expérience plus riche, une compréhension nourrie par des années de réflexion et de méditation sur le manuscrit de Brahms. Lecture attendue, événement, d’autant plus appréciée dans l’acoustique exceptionnellement détaillée et claire du Théâtre Auditorium de Poitiers. Avec le Collegium Vocale Gent, Eerens, soprano et Kresimir Strazanac, baryton. Les 18 et 19 octobre 2016, 20h30. Hommage à Nijinsky. La chorégraphe Dominique Brun remonte les ballets révolutionnaires de Nijinsky : Le Sacre du Printemps (musique de Stravinsky) et L’Après midi d’un Faune (Debussy). A Paris, en 1912 et 1913, le langage corporel et musical évolue considérablement, exprimant des secousses et convulsions, de nouveaux paysages sonores que les musiques (païennes, expressionnistes, saisissantes) de Stravinsky, ivres d’une sensualité pointilliste (de Debussy) éclairent d’un nouveau souffle. Avec Jeux de Debussy, les Ballets les plus essentiels de l’histoire musicale et chorégraphique s’invitent et se réinventent à Poitiers, les 18 et 19 octobre 2016 avec en soliste l’excellent et rayonnant Benjamin Alu, danseur étoile de l’ Opéra national de Paris. Ainsi le langage des danseurs changent totalement privilégiant les profils pointés, les marches terriennes, les figures angulaires comme inspirées par les bas reliefs antiques… C’est un tout nouveau rapport entre le corps et l’espace, le mouvement et le plateau, le soliste et le corps de ballet… Le relief des instruments comme la trépidation convulsive, onirique des danses rejaillissent avec d’autant plus d’acuité que la bande sonore utilisée est celle des versions historiques, récemment jouées par l’orchestre Les Siècles, sur instruments d’apique, enregistrement (dont Le Sacre de Stravinsky) distingué par un CLIC de CLASSIQUENEWS en 2014. Dominique Brun présente donc un triptyque particulièrement intéressant, composant l’intégralité de sa recherche actuelle sur les Ballets Russes. Mercredi 16 novembre 2016, 19h30. « Variations Diabelli » : l’Orchestre Poitou-Charentes et son chef d’orchestre fondateur, Jean-François Heisser jouent Beethoven et Zender. Au programme, virtuosité pour clavier seul (Variations Diabelli de Beethoven joué par Jean-François Hisser), puis réponse aux 33 Variations ainsi écoutés, à l’orchestre, grâce au 33 Variations d’après Beethoven (2011) de Hans Zender. Le compositeur contemporain est bien connu des mélomanes par ses relectures iconoclastes des grands classiques romantiques : avant les Diabelli, Zender s’était intéressé à retranscrire pour orchestre Le Voyage d’hiver de Schubert : en passant de la forme chambriste et intime, au grand orchestre, que gagne la musique et l’expressivité du motif dans son passage du confidentiel au démonstratif ? L’univers sonore de Zender semble éclairer plus qu’il ne le dénature, le propos originel de Beethoven. En façonnant un nouvel édifice musical et esthétique où brillent l’éclat de nouveaux instruments (accordéon, percussions à la fête), l’idée de Zender est de relire le chef originel de Beethoven en en soulignant la profusion et la richesse intérieure. Le propos de Zender est d’autant plus légitime que Beethoven déjà à son époque avait repris et analysé une Valse d’Anton Diabelli pour concevoir l’enchaînement de ses 33 Variations (1819-1823). Au départ, éditeur et compositeur, Diabelli propose aux compositeurs viennois, d’écrire une variation d’après sa propre valse : les droits du recueil, englobant toutes les variations seraient reversés au profit des veuves et des orphelins des guerres napoléoniennes… Beethoven piqué au vif (et souhaitant aussi percevoir le salaire généreux promis pour une telle composition), s’intéresse finalement au projet et commence par écrire 23 Variations à l’été 1819, puis interrompt son travail pour composer la Missa Solemnis ; enfin termine le cycle d’après Diabelli, en 1823. Toute la démarche de Beethoven consiste à développer l’idée du motif jusqu’à son implosion (d’ailleurs le véritable titre donné par Ludwig au moment de la livraison de l’ensemble est « 33 transformations » / 33 Veränderugnen, sur une valse de Diabelli…) souhaitant démontrer le potentiel immense d’une motif originel simple, grâce à la puissance de son génie recréateur. L’opus 120 est ainsi connu et bien documenté, portant une dédicace à l’Immortelle Bien-Aimée, c’est à dire Antonia Brentano. Mardi 22 novembre 2016, 20h30. UM : souverain moteur de toutes choses : Zad Moultaka, Ars Nova instrumental… Le TAP présente en novembre 2016, une création majeure, fruit de la collaboration du compositeur contemporain Zad Moulataka et l’ensemble en résidence Ars nova instrumental. Comme un écho au Requiem profane de Brahms (cohérence interne de la programmation 2016 – 2017), Ars Nova et son chef fondateur Philippe Nahon réalisent la nouvelle partition de Zad Moultaka d’après Le Livre des Morts tibétain (Bardo Thödol), permettant la rencontre entre voix, machine et instruments, le compositeur explore le registre sacré en Occident. UM fait référence à l’énoncé d’un mantra, c’est aussi les initiales pour « United Motors », c’est à dire référence à la pensée : « Dieu est le premier moteur, le souverain moteur de toutes choses ». Que signifie pour nous, dans notre société contemporaine, l’idée d’une énergie première et primordiale ? Vers quel but et dans quelle direction nous mènerait-elle ? La question de la spiritualité dans la société est ainsi posée. Ainsi, inspirées par la conscience d’un compositeur soucieux du sens et des énergies propices à rééquilibrer le monde, « entre l’infra-grave et l’ultra-aigu, les résonances vrombissent, se fondent, se confrontent ; elles dessinent le visage de nouveaux matras. » Et si Zad Moultaka recomposait la matrice sonore d’où allait jaillir un nouveau monde? on ne peut que l’espérer… Création (environ 1h10mn), avec l’Ircam (réalisation informatique musicale), 6 chanteurs de Neue Vocalsolisten, Ars Nova instrumental / Philippe Nahon, direction. Mardi 10, mercredi 11 janvier 2017, 20h30. Rain de Anne Teresa De Keersmaeker. Suite d’une série à présent bien documentée au TAP : Anne Teresa De Keermaesker a déjà présenté à Poitiers, Rosas Danst Rosas (2010), En attendant (2011)… en janvier 2017, la reine de la danse contemporaine présente son ballet mythique créé en 2001 sur la musique répétitive, entêtante, envoûtante de Steve Reich. Hymne au mouvement, flux continu d’une ivresse organique collective, les 10 danseurs recréent au TAP, l’un des ballets devenus classiques du XXIème siècle. La fusion du groupe mouvant et de la musique atteint une jubilation dont il est difficile de se défaire… Rain est une pluie énergisante d’un souffle irrépressible, irrésistible. Mardi 24 janvier 2017, 20h30. Comédie déjantée Renaissance. La fête à laquelle convie les solistes instrumentistes et chanteurs de l’ensemble Doulce Mémoire excite tous les sens : l’esprit, la finesse ; le vin, l’ivresse et la table… tout ce qui compose l’ordinaire de Rabelais : une tablée de solides amateurs, inspirés par la verve gouleyante du truculent poète philosophe. Le texte de Rabelais sert une moisson de mélodies divines concoctées par les compositeurs de la Cour de François Ier dont Jannequin lui-même, avec comme acteurs riches en couleurs, caractères et accents, les instruments rois de la Renaissance : épinette, luth, guitare, cistre, flûtes à bec, bombardes et doulcianes, et … tournebout! Au Théâtre Blossac, Les 3T – Théâtre de Chatellerault dont est originaire Jannequin justement. Bus au départ du TAP à 19h. Mardi 31 janvier 2017, 19h30. Grande soirée à la fois d’intimité chambriste, ardente et éruptive avec d’abord, l’épure irrésistible de Fratres d’Arvo Pärt, dans sa version pour violon (Matthieu Arama, violon) et piano, conçu au moment de la mort de Benjamin Britten, le plus grand et le plus poignant des compositeurs d’opéras britanniques du XXè. Puis, dans le cadre de sa résidence au TAP, la pianiste Vanessa Wagner joue le Concerto pour piano n°23 de Mozart ; enfin, l’Orchestre Bordeaux Aquitaine (Paul Daniel, direction) interprète la 7ème Symphonie de Bruckner, dont l’adagio sublime et intérieur est lui aussi inspiré par la mort d’un proche, et un maître pour Bruckner, Richard Wagner. COCKTAIL AU TAP, jeudi 9 mars 2016… Les 25 ans de l’Orchestre des Champs-ELysées / Philippe Herreweghe… A partir de 12h30, puis dès 18h. Toute la journée. La première édition de « Cocktail » en 2015 fut une totale réussite : festival en une journée, l’offre concoctée par le TAP offre plusieurs concerts de formes différentes dans divers lieux du TAP, avec en invité principal, l’orchestre en résidence, l’Orchestre des Champs-Élysées qui fête en 2016 ses . 25 ans d’activité. Fondé par le charismatique, Philippe Herreweghe, l’ensemble investit tous les espaces publiques du TAP ce 9 mars, de 12h30 (Prélude : concert sandwich, Quintette à cordes de Johannes Brahms, accès gratuit)… Puis à 18h (présentation- rencontre thématisée ouverte à tous : « Pourquoi les chefs d’orchestre mènent-ils tout le monde à la baguette? » avec les instrumentistes de l’Orchestre des Champs Elysées : David Wahl et Marie-Ange Petit) – le programme furieusement romantique et généreux est bâti autour des symphonies de Beethoven : n°5 (tellurique, fracassante, révolutionnaire, à 19h15 – durée : 35 mn) puis la n°7 (dansante, dionysiaque, palpitante, à 21h45 – durée : 45 mn). Auparavant et entre temps, 3 offre complémentaires s’offrent au public : Choeur et orchestre des jeunes à 20h15 (soit 70 choristes et 20 musiciens des lycées et conservatoires de la région) réunis autour de l’Orchestre des Champs Elysées pour une performance sacrée et romantique : Requiem de Cherubini, italien devenu directeur du Conservatoire à Paris, doué dans le sillon tracé par Gluck, d’une fièvre préromantique irrésistible, d’avant plus ciselée dans les grands effectifs incluant le chœur (Requiem à la mémoire de Louis XVI, 1816) ; à 21h, double proposition pour un choix difficile : au plateau B : Concert quizz anniversaire (les questions sur l’orchestre des Champs-Elysées ouvrent la promesse de cadeaux à gagner) ou sur le quai de livraison : accents et nuances turques à la manière du XVIIIè, c’est à dire dans le style de la musique des Janissaires avec la percussionniste Marie-Ange Petit, timbalière (mais pas seulement) de l’Orchestre dirigé par Philippe Herreweghe. En concentrant sur une journée et une grande soirée, de nombreuses offres musicales, dans des formats et programmes différents, le TAP entend aussi redéfinir avec sa proposition « COCKTAIL », une nouvelle expérience de la musique à l’adresse de tous les publics… Expérience hors normes, pour tous. Jeudi 16 mars 2016, 20h30. Récital lyrique de haut vol avec le mezzo riche, coloré, articulé d’Isabelle Druet dont on ne cesse d’apprécier le sens du verbe, l’écoute intérieure et une grande intelligence de l’expressivité, jamais outrée ni forcée. Au TAP, la jeune cantatrice que CLASSIQUENEWS a récemment distinguée en décernant à son récent disque édité par Klarthe, le CLIC de CLASSIQUENEWS (programme : lieder d’Alma Mahler, de Zemlinsky…) interprète avec la complicité de la pianiste Anne Le Bozec plusieurs compositeurs inspirés par Shakespeare. Schubert, Schumann, … pour les diseurs germaniques ; plus rares : Sibelius, – sans omettre, Rossini pour que s’animent la prière langoureuse des jeunes incrédules sacrifiées, l’hymne crépusculaire d’Ophélie et de Desdémone, âmes passionnées, amoureuses vouées à la mort ; ou les figures plus souriantes et légères de Silvia, Cymbeline. La chanteuse récidive avec la même complice, Anne Bozec en un duo des plus expressifs, allusifs, habités : comme dans son album discographique précité « Muses » (Lieder de Alma Mahler et de Zemlinsky), Isabelle Druet cantatrice rend hommage à des femmes mythiques inspiratrices… Eternelles icônes du romantisme féminin. TOUTES LES INFOS, les concerts, le modalités pratiques sur le site du TAP, Théâtre Auditorium Poitiers / saison 2016 – 2017

Le blog d'Olivier Bellamy

20 septembre

Julien Martineau, mandolinons en choeur

Son nom rappelle celui du personnage joué par Michel Serrault dans Garde à vue, mais sa bonne bouille et son tempérament passionné démentent tout rapprochement avec l’inquiétant notaire grillé à petit feu par Lino Ventura. Il importe en revanche de bien “garder à vue” cet étonnant virtuose et surtout ne pas le perdre d’oreille, car il a de quoi propulser la mandoline au premier rang de nos intérêts marqués. Voici son programme : - R. Calace Mazurka op. ​141 par Julien Martineau lui-même - G. Mahler, Das Lied von der Erde, ” Der abschied” (2ème partie) par Kathleen Ferrier, Julius Patzak, et le Wiener Philharmoniker dirigé par Bruno Walter - R. Schumann, ​Quatuor avec piano, 3ème mouvement “Andante cantabile” par Glenn Gould, et le Juilliard String Quartet ​3e mouvement - F. Chopin, 24 Preludes, nocturne n°13 op. 48 ​n​°1, par Nikolai Lugansky ​Les Madeleines​ : - Magalhaes, Barracao de zinco, par Elizeth Cardoso avec Jacob do Bandolim et le Zimbo trio Barracão de Zinco - Mozart, Grande messe en ut mineur KV 427 “Et incarnatus est” par Maria Stader et le Radio-Symphonie-Orchester de Berlin dirigé par Ferenc Frisay - Kahn et Donaldson, I’ve had my moments, ​par D​jango Reinhardt​,​ Stéphane Grappelli et le Quintette du Hot Club de France






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12 septembre

CD, compte-rendu critique. MUSES : Isabelle Druet / Orchestre Victor Hugo Franche Comté. Jean François Verdier (1 cd Klarthe 2015)

CD, compte-rendu critique. MUSES : Isabelle Druet / Orchestre Victor Hugo Franche Comté. Jean François Verdier (1 cd Klarthe 2015). Alma Mahler (1879-1964) vit et compose toujours à l’ombre de son premier époux Gustav Mahler, l’inventeur de la Symphonie du XXè ; créatrice de ce fait frustrée, en épouse conforme tenue muselée, Alma fut néanmoins une « muse », une égérie au fort pouvoir stimulateur que son mari ne pouvait écarter, chacune de ses 9 Symphonies sont imprégnées de la figure et de la présence de sa chère Alma… Le timbre « viril », moelleux et cuivré de la mezzo Isabelle Druet, que l’on a connue en terres lyriques baroques (VOIR notre reportage vidéo Tancrède de Campra par Isabelle Druet, sublime incarnation de mai 2014 à Versailles) , affirme ici dans ce programme d’une forte et belle cohérence poétique, une sensibilité intérieure, allusive et même ciselée à l’écoute de toutes les images souterraines que véhiculent les poèmes / lieder mis en musique par Alma Mahler. Les Quatre poèmes recréés au début du programme témoignent de la force expressive et dramatique d’une grande compositrice, laquelle après son mariage avec Mahler en 1902, reprend néanmoins la plume après que Freud à Vienne lors d’une entrevue avec Gustav, en 1910, explique au mari trop autoritaire et exclusif, les bénéfices d’assouplir le traitement qu’il inflige à son épouse. Ainsi les poèmes joués sur le disque, confirme qu’Alma déborde d’une riche inspiration, plus proche de son ancien professeur Zemlinsky que des constructions symphoniques et expressionnistes de son mari trop étouffant. Alma Mahler, Debussy, Zemlinsky… Jean-François Verdier et Isabelle Verdier disent le mystère féminin De l’interprète féminine à l’écriture de sa « consœur » musicienne, s’écoule un miel à la fois allusif et capiteux qui dit autant l’extase que le poison d’une passion maudite. Pour orchestre, les 4 sublimes textes poétiques et orchestraux d’après les vers de Richard Dehmel (celui-là même qui inspire à Schoenberg sa Nuit Transfigurée), Bierbaum, et Rilke imposent le goût et le tempérament d’une Alma, fine lectrice des textes les plus inspirés sur le sujet du drame intime : vision nocturne d’une ville embrumée (1), nuit encore, profonde et mortifère, étrange et silencieuse (2), extase sylvestre (3), étreinte et silence amoureux (4)… La voix de la mezzo habitée, subtile ambassadrice des tensions implicites (2) instille dans cette tétralogie poétique, couleurs et éclats qui valent pépites au sein d’une série de tableaux émotionnels, à la fois tragiques, enchantés, où le mystère pèse aussi à chaque vers. L’Orchestre Victor-Hugo porte bien son nom, qui cultive comme le double enivré de la chanteuse, un caractère d’envoûtement secret. Toujours enclin au rêve et au songe, dans l’implicite et l’ineffable, jamais explicite, mais d’une exceptionnelle activité expressive. La fusion entre instruments et voix est idéale, d’autant plus équilibrée et dialoguée que le prise de son est parfaite. Forêt inquiétante et consolatrice à la fois, femme mystérieuse et atmosphère imprécise entre rêve ou cauchemars, l’énigme est aussi au cœur du Pelléas et Mélisande de Debussy, dont les musiciens franc-comtois abordent la Symphonie d’après l’opéra créé en avril 1902. C’est l’année où Alma épouse d’ailleurs Gustav : ainsi est scellée la cohérence du programme qui met en résonance des oeuvres apparemment déconnectées. Dans cette synthèse de Pelléas de plus de 20 mn, -conçue par Marius Constant-, le chef fondateur du collectif orchestral, Jean-François Verdier dévoile une superbe écoute intérieure là encore à toutes les significations du texte musical : expression de la psyché qui affleure et se dérobe en permanence, le flux instrumental glisse et ondule comme une soie insaisissable mais portée par une activité psychique irrésistible à l’élan irrépressible… Intégrée dans la logique du programme Alma Malher / Debussy / Zemlinsky et mise en regard du drame intime des époux Mahler, la Symphonie Pelléas semble traduire les épisodes de la tragédie domestique qui se joue alors entre eux et dès leur noces en 1902 : inéluctable implosion qui débouche ensuite sur le remariage d’Alma avec celui qui est devenu sont amant, l’architecte (et très beau) Walter Gropius. D’une délicatesse d’intonation, jouant sur la multitude des plans sonores, trouvant cependant ce liant organique qui permet la réalisation du cycle dans sa continuité, le geste de Jean-François Verdier exprime parfaitement le drame souterrain d’une partition océan, au verbe progressif et ininterrompu. La clarté des plans, le contrôle des timbres, leur lisibilité, la transparence de la pâte orchestrale, la conception architecturée et coulante affirment l’excellent niveau de l’Orchestre fondé il y a 6 années, en 2010. Doué d’une écoute intérieure (le sceau de l’interprétation défendue dans ce programme), capable de résonances millimétrées, faisant surgir la matière de l’ombre et ce tissu sonore spécifique proche du mystère, chef et orchestre captivent d’un bout à l’autre de ce formidable condensé/synthèse de l’opéra de Debussy. En conclusion et propre aussi à l’année 1902, comme la conception du Pelléas Debussyste, les interprètes ont choisi les 6 poèmes / Lieder de Zemlinsky d’après Maeterlinck : l’opus 13 enrichit encore la figure de la femme chez Maeterlinck, toujours parfaitement imprécise, éternellement insaisissable, d’une complexité contradictoire et troublante… comme la Mélisande de Pelléas. Le velours de la mezzo d’Isabelle Druet éclaire chaque épisode d’une couleur humaine que les textes d’inspiration médiévale et symboliste tendent à diluer. En brumes esquissées mais densément expressives, chacun des sujets évoqués confirme la puissante activité d’une féminité toujours complexe, dont la diversité des visages, attentes, désirs, obsessions, réitérations dit la nature inexprimable. Dans sa version pour piano et voix, le cycle éclaire la formidable invention du compositeur viennois, proche de Schoenberg et de Mahler, mais plus perméable qu’eux, à l’héritage de Brahms, Schumann, Schubert. Le raffinement des constructions harmoniques, la puissance de l’écriture évidemment imposent le génie de Zemlinsky, génie des atmosphères enivrées, envoûtantes. Une manière scintillante et diaprée qui répond idéalement aux images sophistiquées d’un Maeterlinck, pénétrée par la figure de l’idéal féminin, aussi incompréhensible que fascinante. Comme dans son drame Pelléas, la femme est une énigme que sa poésie et que le musique de Zemlinsky expriment avec une exceptionnelle acuité ; la brillance et la sensibilité de la diseuse Druet se manifestent clairement et dans la finesse des couleurs, comme dans la maîtrise de l’allemand. Suavité mystérieuse, langueur extatique, nostalgie empoisonnée… toutes les nuances de la passion et du désir féminin sont incarnées par une cantatrice maîtresse de ses moyens, douée d’une irrésistible plasticité vocale. D’autant que le piano de Anne Le Bozec s’accorde à ce travail de précision où la couleur intérieure triomphe toujours. Superbe programme, interprètes inspirés à l’intonation juste et allusive. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016. CD, compte-rendu critique. MUSES : Alma Mahler, Zemlinsky (*) : lieder. Debussy : Symphonie Pelléas et Mélisande (Marius Constant). Isabelle Druet, mezzo. Orchestre Victor Hugo franche Comté. Jean François Verdier, direction. Anne Le Bozec, piano (*). 1 cd Klarthe (KLA 026) , enregistré en juillet 2015 à Besançon. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016.

Gustav Mahler
(1860 – 1911)

Gustav Mahler (7 juillet 1860 - 18 mai 1911) est un compositeur, pianiste et chef d'orchestre autrichien. Plus célèbre en son temps comme chef d’orchestre , son nom reste attaché aujourd’hui à son œuvre de compositeur dont la dimension orchestrale et l'originalité musicale jettent un pont entre la fin du xixe siècle et la période moderne. Malher a écrit dix symphonies (la dernière étant complète au niveau de la réduction d’orchestre mais inachevée au niveau de l'orchestration), et plusieurs cycles de Lieder.



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